… ou comment un néologisme peut devenir la preuve d’un malaise public. En effet, les jeux vidéo ont toujours été présentés dans les médias comme un instrument d’abrutissement de masse, avec malheureusement un manque de temps certain pour réellement traiter le sujet. Une chronique, certainement destinée au départ aux parents soucieux de leurs têtes blondes, va se retrouver en une de la Websphère, avec toutes les conséquences qui en découlent.
Petit rappel des faits. 18 Mars 2010. Je prends mon petit-déjeuner avec ma mère qui regarde Télé Matin. Sans vraiment faire attention, j’écoute les chroniques. Jusqu’à celle de Nathanaël de Rincquesen… Le journaliste reprend un article de Libération traitant de la dépendance aux jeux vidéo, mais, french touch oblige, il trébuche sur la prononciation du sigle MMORPG (les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs), et le prononce MEUPORG. Une boulette qui prête à sourire, encore mieux que la chicorée du matin… Avec de plus un nouveau sigle fait maison : MMMPORPG…
N’y tenant plus, je me marre devant ma mère qui elle ne comprend pas pourquoi. Normal, pour elle comme pour Mme Michu, les MMO, c’est qu’un jeu avec des pantins qui bougent, hein. C’est ainsi que de bon matin, je me pointe au boulot de bonne humeur, et utilise le soir le mot MEUPORG devant les potes pour désigner Ragnarök Online, étant un joueur régulier (et oui, je joue pas à WoW, mais ça, tout le monde s’en…). De bonnes tranches de rigolade, en somme, agrémentées d’une bonne table… Après tout, ce n’est que Télé Matin, hein… juste 1,4 millions de téléspectateurs en moyenne… Un bon feu de paille sans suite, tel le site Désirs d’Avenir, porteur de bon humour…
Mais ça, c’était sans compter sur le Web.
Très vite, le buzz se fait. Dès lors, MEUPORG fait la une du Web, France 2 achète le mot-clé sur Google dans la semaine, parodies, T-shirts et articles fusent… MEUPORG devient incontournable en quelques jours, mais pas forcément dans le bon sens du terme : autant les parodies sont bien marrantes, et on accuse largement le coup, autant parfois, je me dis que ces journaleux ont finalement raison… Nath de Rink (désolé, parodie, parodie… ^^) se fait rouler dans la boue, insulter, j’en passe et des meilleurs par certains internautes, sans que ces derniers cherchent d’où viennent les sources du journaliste. Ainsi, Nath de Rink devient un nom que l’on va associer très longtemps à MEUPORG… Aïe.
Car le problème est que les gamers ne sont plus forcément des ados coupés du monde, mais aussi des jeunes adultes très au courant de l’actu… Et entendre que l’on est dépendant aux jeux vidéo comme à l’alcool ou à la drogue n’est pas forcément au goût de tous… Mais ce qui blesse n’est pas cet amalgame : après tout, ça fait plus de dix ans qu’on la mange, c’est de bonne guerre. Ce qui est dommageable à mon sens, c’est le manque de temps réservé à un article qui touche à un problème de santé public, et la charge que certains ont réservé à Nath de Rink, un gars au demeurant sympathique finalement…
Allez (car il faut bien finir cet article), je vais terminer en disant à certains de se calmer. C’est vrai, on passe pour quoi, là? Des sauvages? Des incultes? Vous avez de la haine à revendre sur le net ou quoi? WTF guys?